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NYINGMAPA, la Tradition des Anciens.overblog.com

Histoire et caractéristiques de la tradition bouddhiste tibétaine Nyingmapa

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Les 9 yanas

Shravakas, Pratyekabouddhas, boddhisattva et vajrayana

Shravakas, Pratyekabouddhas, boddhisattva et vajrayana

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Les Nyingmapas ont établi une typologie des enseignements bouddhistes suivant 9 véhicules ou yanas. La comparaison entre les véhicules repose sur trois volets : la base ou principes du yana concerné - la voie ou application pratique - et le fruit ou résultat du cheminement spirituel.

Deux autres paramètres sont retenus. Le premier se réfère à la motivation. L'aspiration à la libération peut ainsi être individuelle ou bien collective : on cherche sa propre libération ou celle de tous les êtres sensibles. Dans ce dernier cas, on développe l'esprit d'éveil. C'est un point qui nous doit interpeller le pratiquant et l'amener à une introspection. Car, in fine, on peut très bien se réclamer d'une tradition reposant sur les principes mahayanistes, tout en entretenant en réalité une aspiration purement individuelle.

Le second paramètre se réfère au point de vue. Il peut être causal, dans la mesure où l'approche s'appuie sur les causes qui conduisent à l'éveil. On parle aussi de véhicule des caractéristiques philosophiques de la cause. Il s'agit d'accumuler mérite et sagesse qui conduiront à l'illumination. Dans ce cas, la nature de l'esprit est considérée comme la cause de la réalisation. La nature de Bouddha est potentielle.

On peut, à l'inverse, prendre appui sur le résultat, sur le fruit, sur les prémisses de la réalisation et être donc résultant. On donne aussi à ce dernier le nom de véhicule du Mantra Secret.Là, la nature de l'esprit est considérée comme la bouddhéité elle-même. La nature de bouddha est pleinement présente en tant que sagesse primordiale.

On parle aussi de véhicule sutrique, en se référant aux sutras, ou de véhicule tantrique, par référence aux tantras.

Quand ces paramètres ne sont pas pris en considération, la typologie nyingmapa peut être mal interprétée, sous une forme linéaire et qualitative. En fait, chaque véhicule mène à la réalisation (la tradition nyingmapa considère toutefois que l'aspiration individuelle ne mène pas à la bouddhéité parfaite mais à l'état d'arhant). Par ailleurs, si l'on s'inscrit dans un processus progressif, il n'est pas nécessaire de parachever un véhicule avant de passer au suivant.

Chaque véhicule répond aux besoins et aux capacités de l'immense variété des individus.

1. Les trois premiers véhicules sont soutriques.

Les Shravakas ou "auditeurs" et les Pratyekabuddhas ou "bouddhas pour soi" correspondent aux deux premiers véhicules, constituant le Hinayana ou "Petit Véhicule". D'une manière générale, le Hinayana est le véhicule de la renonciation. L'être humain est comparé à un arbre dont les fruits sont vénéneux. On cherche à en couper les racines, en se débarrassant des mauvaises habitudes et tendances qui sont des obstacles à la réalisation. Le comportement habituel est donc jugé impur. On le corrige pour éviter de blesser les autres.

Base, Voie et Fruit des Shravakas : pour les shravakas, il n'y a pas de Soi. Toutefois, il existe une base aux phénomène, une particule indivisible, de même que des instants de conscience indivisibles. La discipline et le comportement éthique sont scrupuleusement observés. Les sharvakas écoutent les enseignements et méditent sur leur signification, les assimilent et les intègrent pour corriger leur comportement. De cette manière, ils surmontent leurs émotions, atteignent la paix intérieure et comprennent que aucun être ou aucune chose n'a d'existence inhérente ou de Soi indépendant. Le shravaka est finalement libéré dans l'état d'arhat, une fois qu'il a éliminé tous les obscurcissements émotionnels.

Base, Voie et Fruit des Pratyekabuddhas : comme les shravakas, les bouddhas pour soi atteignent une libération limitée du point de vue nyingmapa mais ils ne s'appuient pas sur les enseignements d'un maître en cette vie bien qu'ils aient pu en avoir dans leurs vies précédentes. Ils considèrent que les être sensibles et les phénomènes sont vides d'existence inhérente mais qu'il existe des moments de conscience bien réels. Ils méditent sur la coproduction conditionnée et les 12 liens d'interdépendance. Leur fruit est la libération personnelle dans l'état d'arhat. Ils n'enseignent pas mais leur exemple peut inspirer les autres.

Le Mahayana ou "Grand Véhicule" est le véhicule des bodhisattvas. Il est un prérequis à tous les véhicules suivants. Pour le Mahayana, la poursuite d'une libération personnelle alors que les autres êtres sensibles continuent à souffrir ne peut pas constituer une idéal. L'ambition du bodhisattava vise au bien du plus grand nombre, à libérer tous les êtres du samsara. Sa motivation diffère de celles des shravakas et pratyekabouddhas dans la mesure où il ne cherchent pas seulement à éviter de nuire aux autres mais s'engagent à faire leur plus grand bien. C'est l'Esprit d'Eveil ou bodhicitta.

Base, Voie et Fruit des bodhisattvas : On distingue deux réalités, relative et absolue. Au niveau absolu, aucun phénomène n'a d'existence propre. En revanche, au niveau relatif, tout paraît doté de caractéristiques intrinsèques comme sous l'effet d'une illusion magique liée à des causes et conditions. La voie des bodhisattvas s'appuie sur le développement de l'esprit d'éveil, la culture des Quatre Incommensurables (amour, joie, compassion et équanimité) et la pratique des paramitas grâce à laquelle ils réalisent graduellement les dix terres des bodhisattvas ou bhumis. Finalement, les bodhisattvas deviennent de parfaits bouddhas et se livrent à une activité de compassion au profit de tous les êtres sensibles jusqu'à ce qu'ils soient tous libérés du samsara.

2. Les véhicules du Mantra Secret : les tantras

Ils sont également appelés Vajrayana.

Les enseignements du Mantra Secret n'appartiennent pas au Tripitaka. Ils se proviennent des Vidyadharas ou détenteurs de la connaissance et forment en sorte une quatrième section des écritures, les tantras. Au-delà du sens commun, tantra signifie continuité ou encore trame. On se réfère ici à la condition naturelle de l'esprit qui alterne entre le calme et le mouvement. C'est le fait que, bien que les phénomènes soient vides d'existence intrinsèques, ils se manifestent continuellement. La vacuité - qui est l'aboutissement des véhicules soutriques - sert donc de point de départ au Vajrayana. Et alors que selon les soutras il faut renoncer au relatif et le considérer comme un obstacle, le véhicule du Mantra Secret travaille avec le relatif et le transforme pour progresser sur la voie. Il ne s'agit plus de renonciation mais de purification et de transformation. Le Vajrayana "n'ignore pas". C'est-à-dire qu'il s'autorise à utiliser de nombreuses méthodes, sans ascétisme. Cependant, il nécessite des capacités aigües.

Les Nyingmapas distinguent 3 tantras externes et 3 tantras internes. Tous utilisent la visualisation comme principal moyen habile, c'est-à-dire la manifestation du pratiquant sous la forme de la déité. De cette manière, la vision impure de l'individu est transformée en pure dimension ou mandala.

Les 3 tantras externes

Kriya tantra : Les phénomènes n'ont aucune nature propre. Ainsi, il n'existe ni naissance ni cessation. Ils sont libres des quatre concepts limités (existence, non-existence, apparence et vide). Les phénomènes sont sujet à être purifiés et sont vus comme le mandala des déités éveillées. Le Kriya tantra repose sur la pureté et la concentration sur les six divines énergies (vacuité, lettres, sons, forme, mouvements et signes). Il observe des normes de propretés, le jeûne et la visualisation de la déité (rapport roi - serviteur) ainsi que la récitation des mantras. Le fruit est l'atteinte de la terre de vajradhara des trois familles de bouddhas (tathagata, vajra, padma) et les 5 sagesses primordiales dans les 16 prochaines vies..

Ubbaya tantra : est appelé "tantra des deux" car il applique la conduite du Kriya tantra et adopte la vue du Yoga tantra. Pour le ubbaya tantra, dans la vérité absolue, tous les phénomènes sont égaux. Dans la vérité relative, on s'appuie sur les déités pour les accomplissements. Il équilibre la purification extérieure et la contemplation intérieure. La déité n'est plus vue comme un maître et soi-même un serviteur mais comme un frère et soi-même comme un ami. On visualise les déités devant soi, en récitant des mantras. C'est la méditation avec signes. A la fin de la méditation, on contemple l'état sans conceptualisation. C'est la méditation sans signe. Le fruit est l'atteinte de l'état de vajradhara des 4 familles de bouddhas (tathagata, vajra, ratna et padma) et la possibilité des 3 kayas et 5 sagesses primordiales en 7 vies.des quatre familles.

Yoga tantra : c'est le yoga de l'union car il insiste sur l'identification avec la déité, l'équanimité de la déité et de sois. Pour le yoga tantra, la luminosité est inséparable de la vacuité. Tous les phénomènes sont de simples perceptions de l'esprit. La déité visualisée et soi-même sont vus comme deux amis. Il n'y a donc rien de bon à attendre d'elle , les siddhis émanant de nous-mêmes et il n'y a rien de mauvais à attendre de nous-mêmes puisque nous avons la capacité de manifester le corps illusoire de la déité. On médite sur les 5 facteurs de réalisation pour purifier les agrégats et éléments ainsi que le karma. On s'engage également dans la méditation sur les 4 mudras.pour rendre nos trois portes semblable à l'essence des corps, voix et esprit de la déité. La réalisation de vajradhara des 5 familles peut être obtenue en trois vies.

Les 3 tantras internes Maha, Anu et Atiyoga sont la particularité de la tradition Nyingmapa.

Mahayoga : Il confirme l'indivisibilité des deux vérités supérieures. il insiste sur kyérim la phase de développement et souligne l'importance de la clarté et de la précision de la visualisation. On médite sur l'existence de tous les phénomènes comme étant les mandalas des déités. On atteint l'état de détenteur du quadruple savoir et on finalise les 5 bouddha-kayas dans cette vie ou dans l'état intermédiaire.

Anuyoga : Tous les phénomènes sont considérés comme étant les trois mandalas (corps, voix, esprit) dans leur nature fondamentale. L'Anuyoga se concentre principalement sur dzogrim la phase d'achèvement. On atteint le grand corps de jouissance avec les 4 bouddha-kayas et les 5 sagesses primordiales..

Atiyoga : appelé aussi Dzogchen, Grande Perfection. Généralement, on considère qu'il n'appartient ni aux soutras ni aux tantras, son principe étant la "transmission" et non pas la renonciation ou la manifestation. Du fait de la transmission directe, on entre dans l'état primordial qui est à la fois la base et le fruit. Ce n'est donc pas une méthode graduelle. Son principe essentiel est l'auto-libération.

Pour le Dzogchen, tous les phénomènes sont inséparables et ont leur origine dans les mandalas du corps, de la voix et de l'esprit. Le Dzogchen fait appel à des pratiques principales et secondaires qui peuvent opportunément être empruntées aux soutras et aux tantras qui pourraient aider le pratiquant à approcher la contemplation.

L'enseignement du Dzogchen connaît 3 séries : semdé ou série de l'esprit, longdé ou série de l'espace et menagdé ou série des préceptes.

Dans le semdé, shiné et lhaktong sont considérés comme des pratiques principales parce qu'elles amènent à l'état de contemplation mais ce ne sont pas des pratiques dzogchen par elles-mêmes. Le Dzogchen commence avec la pratique de la contemplation non duelle, reconnue sans aucun doute et intégrée dans chaque action :Trekchö. L'étape suivante est la pratique de Thögel qui est secrète et spécifique au Dzogchen.

Le fruit est la réalisation totale.

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