Histoire et caractéristiques de la tradition bouddhiste tibétaine Nyingmapa
14 Janvier 2013
Les corps grossiers des hommes et des femmes sont également adaptés, mais si une femme a une forte aspiration, son potentiel est supérieur (Padmasambhava).
Les femmes ont joué et jouent encore un rôle plus important dans la tradition Nyingmapa que dans les autres traditions du bouddhisme tibétain. La grande majorité des tertöns se composait d'homme. Les épouses mystiques sont très importantes pour les tertöns qui ont besoin de l'inspiration du principe féminin.
Padmasambhava eut 5 épouses mystiques, émanations du corps de Vajravahari dont il ne se séparait jamais :
- Yéshé Tsogyal
- Mandarava de Zahor, sa première épouse, la dakini de Longue Vie car elle réalisa avec Padmasambhava les pratiques de longue vie. Jetsunma Ahkon Lhamo (1949), de la lignée Palyul, a été reconnu comme son émanation. William Cassidy a généré une polémique à son propos en prétendant que Penor Rinpoché avait laissé une lettre, qui ne devait être lue qu'après sa mort, et dans laquelle il remettait en doute le statut de Jetsunma d'Ahkon Lhamo. William Cassidy reconnaît toutefois qu'il n'a jamais vu cette lettre
- Belmo Shakyadevi, fille du roi népalais Punyedhara
- Belwang Kalasiddhi, du Népal, fut découverte dans un charnier par Mandarava qui l'éleva
- Tashi Khyidren, du Bhoutan, fille du roi Hamra. Elle serait renée comme la fille de Machik Labdrön.
Il faut également citer Khandro Wongchang dont on ne sait malheureusement rien.
A Yéshé Tsogyal, on reconnaît, en outre, trois émanations :
- Machik Labdrön (1055-1149) est la fondatrice de la pratique méditative du Chöd considérée comme étant la seule d'origine tibétaine. Pendant sa longue vie et parmi ses nombreux disciples, Machik Labdrön eut quatre femmes remarquables, nommées les Quatre Joyaux : Joyau Gotsa, Joyau Paldèn, Joyau Sönam et Joyau Rinchèn. On dit que 108 de ses disciples féminins obtinrent la réalisation. Son arrière petit-fils, Deunyeu Samdroup, permit à dix-huit de ses dsiciples féminins (les Dix-huit Filles) d'atteindre la réalisation.
- Urgyen Tsomo (1897- ?) apparut en rêve au XVème Karmapa qui comprit qu'il devait l'épouser pour prolonger sa vie. Il fut le premier et le seul Karmapa à se marier. Très malade, il put cependant prolonger sa vie de neuf ans. Ils eurent trois fils. Après la mort du Karmapa, elle entra en retraite au monastère de Tsourphou jusqu'à la fin de sa vie, en dépit de l'invasion chinoise.
- Khandro Rinpoché (1967), a été reconnue par le XVIème Karmapa comme la réincarnation de'Urgyen Tsomo. Elle est la fille du onzième Mindroling Trichen, Trichen Jurmé Kunzang Wangyal (1930-2008), chef de la tradition Nyingmapa en 2003. détenant les lignées des traditions Nyingma et Kagyu, elle enseigne et dirige le centre de Samten Tse, en Inde.
Par ailleurs, la lignée de Mindroling se distingue par l'existence d'une lignée des Jetsunma, lignée de grands maîtres féminins, filles des différents Trichen Mindroling, comme Jetsün Tsering Paldron (1699-1769). Terdag Lingpa (1646-1714) a souligné l'importance de former les femmes comme pratiquantes et enseignantes, en commençant par sa propre fille, Jetsün Mingyur Paldron.
Dans la lignée de Palyul, on peut citer également Genyenma Ahkön Lhamo, la soeur de Rigdzin Kunzang Sherab, premier détenteur du trône. Elle passa la plupart de sa vie à méditer dans une grotte donnant sur la Vallée Rouge et fut reconnu comme dakini. Elle était en outre l'un des disciples principaux du Tertön Migyur Dorjé dont les termas ont alimenté la lignée de Palyul.